Madagascar, une lutte pour la dignité

Sep 25, 2025

Le 24 Septembre 2025, Andry Rajoelina s’est exprimé devant l’assemblée générale des nations unies en évoquant la responsabilité des dirigeants quant aux moyens données à chaque citoyen pour le développement de leur pays. Et il faut dire qu’il s’y connaît, lui dont le peuple subit des coupures d’électricité journalières dépassant largement les 5 heures. Cette situation, bien poussée à son paroxysme depuis l’arrivée au pouvoir du régime Rajoelina, a causé la destruction de centaines de milliers d’emplois dans le pays. C’est dans ce contexte que le peuple Malgache a initié une manifestation pour protester contre cette précarité le 25 Septembre 2025.

Mais au-delà d’une simple protestation face aux intempestifs délestages (coupures d’électricité quotidiennes), ce mouvement revêt bien d’autres revendications toutes aussi légitimes. Naissant de l’impulsion des récents évènements lancés en Asie, la lutte pour la dignité semble naître à Madagascar.

Un peuple qui agonise

Une chose est sûre : il n’y a pas de fumée sans feu ! Et dans le cas de Madagascar, il n’y a pas qu’un feu. L’agonie du peuple malgache résulte de plusieurs foyers de tensions qui auraient pu être maîtrisés à temps. Et pourquoi cela n’a pas été fait, me demanderiez-vous ? Eh bien, vanité et mépris, c’est tout ce que les responsables politiques malgaches ont su donner comme réponse aux revendications légitimes du peuple.

Recherchez juste “les 10 pays les plus pauvres au Monde” sur Google pour tomber sur Madagascar. Et je vous le dit d’emblé, quand le Général Ravalomanana dit que “le peuple malgache est pauvre, mais heureux”, vous comprendrez plus facilement la vanité et le mépris dont je vous parlais juste en haut. Après tout, qui serait heureux d’avoir à vivre continuellement dans la peur ? La peur de ne pas pouvoir rentrer en vie après une longue journée de travail, car les coupures d’électricité ne font que favoriser l’insécurité ! La peur de ne pas pouvoir tenir jusqu’à la fin du mois, car il faudra encore acheter de la bougie pour s’éclairer la nuit, alors que le foyer n’a déjà que moins de 2$ par jour comme budget. La peur de finir à l’hôpital et de passer l’arme à gauche dans le mépris total des autorités, car les coupures intempestives de l’électricité favorisent toutes vos chances de chopper le botulisme !

Le tableau semble déjà si noir, pourtant, il y a encore tant à dire. Pensez par exemple au fait de perdre votre travail parce que votre entreprise doit effectuer un plan de redressement pour faire face aux coûts annexes liés aux coupures d’électricité. Vous avez la chance de travailler à votre compte ? Pas de bol, vous allez aussi être impacté ! Le poissonnier qui perd en une seule soirée près de 100 kg de poissons, la coiffeuse qui devra refuser des clients à cause de la coupure, l’assistante virtuelle qui perdra ses clients après une énième coupure d’électricité qui l’a empêché de participer à une réunion en visio. Comme je vous l’ai dit, personne n’est épargné ! Mais rassurez-vous ! Voilà de quoi être davantage heureux si l’on se fie au nouveau slogan de l’exécutif : “Le peuple est pauvre, mais heureux!”.

Si le peuple est heureux, pourquoi se rebellerait-il ? Que va-t-il revendiquer alors qu’il nage déjà dans le bonheur ? Alors, à Rajoelina et sa bande de décidé : ceux qui auront la mauvaise idée de contrarier ce bonheur d’être pauvre devront faire face aux fusils et à la matraque !

Un pouvoir qui a sombré dans la dictature

Bien qu’ils donnent le change d’être des incompétents dans l’administration, nos dirigeants ne sont pas dupes. Ils savent bien que “qui vivra par l’épée périra par l’épée”. Rajoelina est arrivé au pouvoir par deux fois grâce à la rue. Sa principale hantise est donc de se faire éjecter par la rue. Après tout, la moindre concession serait un aveu de faiblesse terrible pour eux. A leur yeux, investir dans la JIRAMA aurait été un sacrilège ! Voilà pourquoi ils ont opté pour ce téléphérique énergivore qui ne servira même pas au peuple. Alors, discuter et comprendre la souffrance du peuple ? Que Nenni ! Il leur est préférable de mater toute tentative de revendication à coup de gaz lacrymogène, de matraque, et même de balles !

Si vous ne le saviez pas encore, Madagascar a basculé dans le stade de “Dictature” depuis quelques années. Mes mots sont trop forts ? Je ne pense pas ! Si vous ne me croyez pas, définissons ce qu’est une dictature. Une dictature se caractérise en plusieurs points : 

  • L’opposition est réprimée et intimidée.
  • Les institutions (parlement, justice, armée) sont sous contrôle direct du régime.
  • Liberté d’expression, de presse, de réunion ou de religion fortement restreintes (je ne parle même pas de la censure et de la propagande officielles omniprésentes).
  • Police politique, surveillance généralisée, arrestations arbitraires.
  • Violence ou intimidation contre les opposants et les mouvements sociaux.
  • Résultats des élections manipulés pour légitimer le pouvoir en place.
  • Propagation d’une idéologie officielle présentée comme unique vérité.
  • Mise en scène d’un chef infaillible, symbole de la nation ou de la révolution.
  • Non-respect de la Constitution.

Auriez-vous l’audace de me dire que ces points ne concernent pas Madagascar ? Moi, je confirme que le pouvoir actuel coche bien toutes les cases. Voilà les raisons qui me font dire que le régime Rajoelina est une dictature. Alors, comment s’étonner de la tournure des évènements de ce jeudi 25 Septembre 2025 ?

Une manifestation pacifique travesti par les autorités

Là, je vais parler plus concrètement de la manifestation contre les coupures d’électricité et d’eau à Madagascar ce jeudi 25 Septembre 2025. Aujourd’hui aura été le jour où le peuple s’est dit que c’en était trop. Aujourd’hui aura été le jour où les personnes mécontentes de cette situation infernale étaient bien plus que les 2 à 3 comme le disait la sénatrice Lalatiana Henriette Rakotondrazafy. Et ils le savaient pertinemment.   Si non, pourquoi auraient-ils posté de bonne heure les militaires et des centaines de gendarmes dans toutes les avenues de l’indépendance de chaque grande ville du pays ?

Si certains pensaient que cela allait dissuader les gens de venir manifester, une bonne foule a pu se donner rendez-vous sur plusieurs points. En fin de compte, les gens savent se mobiliser, et pacifiquement. Sauf que… ! Et oui, il y a bien un “sauf que” qui devait bien se glisser dans cette manifestation. Si la manifestation a bien débuté avec des jeunes motivés seulement par leur conviction d’avoir le droit de vivre dans la dignité, avec l’eau et l’électricité qui ne sont en fin de compte que des besoins fondamentaux, il fallait bien que le pouvoir et les profiteurs dénaturent cette lutte du 25 septembre 2025.

La répression comme réponse à des revendications légitimes

Qui aurait pensé que réclamer à avoir l’eau et l’électricité qu’on paie était un crime ? Car, oui, même s’il y a des coupures, le peuple ne paie pas moins pour autant. En effet, depuis que les coupures ont commencé à s’intensifier, le montant des factures n’ont, eux, cessé de grimper en flèche. Dans quel monde réel est-ce qu’un foyer devrait payer 200 000 Ar (38€) pour 3 ampoules qui ne s’allument qu’une heure par soir, en plus de la télé et du frigo qui ne sont plus que des décorations ? Bizarrement, cela s’applique uniquement pour les foyers encore bloqués avec des compteurs analogiques avec des factures post-payées. Pour les foyers bénéficiant d’un compteur électrique à recharge, le double de cet usage ne valent pas plus de 60 000 Ar (12€) par mois. Et vous l’aurez deviné, la JIRAMA n’a aucun intérêt à se hâter pour remplacer le compteur électrique des foyers de la première catégorie.

Bref, je m’éparpille un peu, à force vouloir vous trop bien resituer le contexte. Revenons à nos moutons ! Oui, ces moutons en bleu qui avaient pour vocation initiale de protéger le peuple et ses biens. Je parle bien de la gendarmerie, ce corps devenu la main armée du pouvoir contre le peuple. Peut-on encore s’étonner de la stratégie qu’ils ont adoptée ? Pour eux, toute manifestation doit être matée pour ne pas donner l’idée aux opposants politiques de s’engouffrer dans les éventuelles brèches. Respectant leur réputation de milice privée de l’administration Rajoelina, ils ne sont pas venus les mains vides.

Bien entendu, ils ont commencé par la traditionnelle bombe lacrymogène pour disperser la manifestation facifique. L’objectif, pousser les personnes à bout afin qu’elles entreprennent d’autres stratégies moins pacifiques. Pas de bol, cela n’a pas marché. Alors, quoi d’autres en stock ? Eh bien, on matraque tout ce qu’on attrape et on les enferme pour les tabasser en toute indiscrétion dans des voitures banalisées utilisées par la gendarmerie. Cela ne suffit pas encore ? On tire à coups de balles en caoutchouc. Pas encore suffisant ? On tire à balle réelle. Toutes mes pensées solidaires aux familles de cet agent de sécurité en plein travail devant l’établissement dont il est responsable qui a subi un tir gratuit et délibéré de la part d’un gendarme.

Tout a été filmé par des citoyens indignés de la barbarie dont la gendarmerie a été coupable en cette journée du jeudi 25 Septembre 2025. Là aussi, les gendarmes ont improvisé une solution : celle d’aller s’attaquer à ceux qui filmaient bien sagement depuis chez eux. Comme quoi, relayer la vérité est un crime depuis que rajoelina est sa bande sont au pouvoir. Vous n’avez même plus la possibilité de le nier. Vous avez été filmé en pleine action !

Des cohortes de casseurs aux intentions bien prévisibles

Bon, comme il est inadmissible de laisser entendre qu’une manifestation se passe pacifiquement, il faut bien la salir. Et quoi de mieux que de pousser à la casse. La stratégie s’est vue à des kilomètres. Des groupes de casseurs se sont invités parmi les manifestants. L’objectif ? Tout casser et tout piller pour légitimer la manifestation. Cela aurait pu passer crème si les responsables de la gendarmerie étaient plus intelligents. Après tout, comment s’attendre à ce que des personnes habituées à juste appliquer les ordres fassent preuve d’un semblant d’intelligence.

 A force d’insulter le peuple à longueur d’année, ils ont pensé que le peuple était vraiment si dupe. Qui serait si crédule pour tomber dans le panneau ? Qu’est ce qui me permet d’être aussi affirmatif ? Et bien, ces mêmes images qui ont poussé les gendarmes à aller attaquer les personnes chez eux. Aucun doute possible ! Pendant que la gendarmerie prenait un malin plaisir à molester les jeunes manifestants, allant même jusqu’à tabasser des mineurs qui se sont trouvés par malheur sur leur chemin, aucune action concrète pour arrêter les groupes de pilleurs. On a alors constaté 3 fronts bien distincts. D’un côté, il y avait les manifestants, larmes aux yeux et sang coulant. D’un autre, il y a avait les gendarmes qui n’hésitaient pas à poursuivre et à tabasser les manifestants dans tous les recoins de la ville. Et enfin, il y a les casseurs et pilleurs auxquels les gendarmes ont laissé libre court. Il y en a encore qui peuvent se targuer d’être plus intelligent qu’une huître et ne pas y voir une complicité flagrante ?

Et que dire de la maison de la sénatrice Lalatiana Henriette Rakotondrazafy. Etant donné la gravité de l’incendie décrite, comment le bâtiment a-t-il fait pour rester aussi intact ? Vous m’en voyez navré, mais d’habitude une maison qui brûle, …brûle tout simplement. D’autant plus que le témoin sur place parle d’un incendie grave qui a failli ne pas être maîtrisé. Cependant, à part la petite fumée noire qui s’en est échappée, on ne voit rien sur les vidéos, aucune famme et tout est intact. Cela me laisse perplexe. Mais bon, on peut s’attendre à tout dans ce pays égaré dans les méandres de l’incivilité et de l’irrespect des lois comme initié par celui qui se trouve à sa tête.

Des responsables qui se désavouent

Bizarrement, là j’ai la possibilité de vous rédiger cet article en pleine soirée. Je n’ai plus l’habitude d’avoir d’électricité à cette heure depuis bien longtemps. Alors, comment se fait-il qu’il n’y ait pas de délestage aujourd’hui ? Les centrales de la JIRAMA sont-elles alimentées par les troubles ? Il suffit donc de manifester en masse pour que la JIRAMA trouve, comme par magie, de quoi éviter les coupures ? Si la solution était là depuis le début, pourquoi ne pas l’avoir utilisée ? Sans délestage, il n’y aurait pas eu de manifestation.

Cela nous montre donc finalement que le délestage est juste un outil de plus pour détruire le travail des gens et semer l’insécurité ? Le délestage est donc finalement une situation bien évitable que vous mettez en place pour affamer le peuple afin de pouvoir mieux le mater ? Pourquoi ne pas simplement commencer à respecter le peuple ? Nous voulons juste avoir accès à l’eau potable et l’électricité tous les jours. Si vous souhaitez garder votre place, alors libre à vous. Faites votre travail correctement et laissez le peuple vivre dans la dignité ! Après, on se donne rendez-vous aux prochaines élections, sans tricher s’il vous plaît ?

Image de fond de la page Consultant SEO Madagascar

Contacter un consultant SEO

Contactez un consultant SEO pour vous accompagner dans le référencement naturel de votre site !

Ces articles peuvent aussi vous intérresser

Comment auditer un site web efficacement ?

Comment auditer un site web efficacement ?

Auditer un site web, c’est la première étape indispensable pour propulser votre visibilité en ligne. Un audit d’un site web permet de détecter les freins qui empêchent votre référencement de décoller : erreurs techniques, contenus peu performants, lenteur...

La Course à la Visibilité : Responsable SEO ou Succès au Hasard ?

La Course à la Visibilité : Responsable SEO ou Succès au Hasard ?

Aujourd’hui, avoir un site internet ne suffit plus. Effectivement, 69 % des entreprises françaises en possèdent un… mais 90 % de ces sites restent invisibles sur Google. Résultat ? Aucun trafic, aucun client, et un site qui devient un simple fantôme numérique. Sans...